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« L’homme est par nature un animal politique » affirmait Aristote.

 

Ce serait donc vrai ! L’Homme est un animal doté du logos - doué de parole et de raison. Non seulement ce petit singe nu pense mais il verbalise sa pensée avec panache. Puisqu’il sait d’où il parle, l’Homme proclame haut et fort sa hiérarchie des corps. Il observe, affiche ses ambitions et entre en action. Dans le Moyen Âge chrétien, le petit singe nu s'épinglera lui-même au sommet des créatures naturelles. Pas très loin de Dieu (on ne sait jamais, ça peut servir).

 

Comme son maître Platon, Aristote (384-322 av. J.-C) pensait que les animaux avaient une âme. C’est sans doute inspiré par ses pensées sur la sensibilité animale que son disciple, Théophraste, deviendra végétarien. Tout comme le néoplatonicien Plotin (v. 205-270) et son élève Porphyre ; lequel deviendra le précurseur des débats sur le droit des animaux.

 

 

« (…) l’âme de l’enfant ne diffère en rien, on peut presque dire, de celle des animaux ; et, par conséquent, il n’y a rien de faux à supposer qu’il y a, dans le reste des animaux, des choses qui sont, ou identiques, ou voisines, ou analogues à celles qu’on observe dans l’homme »

(Aristote, Histoire des animaux)

 

Selon le philosophe Théophraste (v. 371-287 av. J.-C), l’homme est un animal qui s’est arrogé avec le temps le droit de tuer tous les autres, même ceux qui ne le menacent pas. Et c’est là qu’il y a injustice. S’il peut être justifié de supprimer des animaux dangereux, êtres humains compris, cela ne peut l’être de tuer un être qui ne fait aucun tort à autrui. Nous devons appliquer les mêmes droits aux hommes qu’aux animaux : le droit de supprimer les dangereux, le droit des autres à vivre. Principe d’équité qui semble être une innovation de Théophraste (De la Bible à Porphyre, Théophraste, Une même race, p.24)

 

Certes, corps, âmes et habitudes de vie diffèrent d’une espèce et d’un individu à l’autre, mais nous partageons les mêmes principes, du moins avec les animaux qui ont de la chair, de la peau et des fluides corporels. Nos « parents » animaux sont eux aussi animés de désirs, de colères, d’affections et de sensations. Nous sommes tous « de la même race », affirme-t-il. (De la Bible à Porphyre, Théophraste, Une même race, p.24)

 

Voilà ce qu’on pouvait entendre trois siècles avant Jésus-Christ … Mais quelle est donc cette immonde paresse de l’esprit qui a frappé notre humanité ? Cette graisse intellectuelle qui nous a plongé dans la vacuité spéciste ? Cette misère narcissique qui ne nous autorise plus l’accès à notre conscience des injustices caractérisées ? Qui sommes-nous donc pour nous oublier à ce point ?

 

 

« Quant à ceux qui ne font aucun mal et dont le naturel est doux, c’est injuste de les tuer, comme il est injuste de tuer les hommes qui ne font aucun tort aux autres. »

(Porphyre, De l’abstinence de la chair des animaux, Livre II)

 

« Les corps des animaux, de même que leurs âmes, ont différents degrés de perfection, mais ce sont les mêmes principes chez les uns et chez les autres ; ce qui est bien prouvé par la ressemblance de leurs passions. Si tout ce que nous venons de dire est vrai, il faut convenir que tous les animaux pensent, et que la seule différence qui est entre eux et nous ne consiste que dans le genre de vie, de sorte que nous devons les regarder comme nos alliés. » (Op. cit., Livre III)

 

Il n'y aurait donc entre l’homme et l’animal qu'une simple différence de degrés. Une différence quantitative, et non qualitative. C’est la position que défend bec et ongles le philosophe végétarien Plutarque (v. 50 – 125), l’un des plus influents défenseurs antique de la cause animale.

 

« L’homme, l’animal le plus misérable qui soit » écrivait-il.

 

Dans la lignée de Théophraste, le philosophe accuse ouvertement ses semblables d’être devenus culturellement si insensibles au point de tuer n’importe quel animal. Pire, d’y prendre du plaisir (on y est). Une habitude qu’il faudrait combattre en rééduquant les hommes (vaste programme !) – comme disait déjà Pythagore. Un penseur que Théophraste cite dans son traité sur l'usage des viandes, virulent plaidoyer contre la consommation de chairs animales.

 

 

« (…) Je vous demande avec étonnement quel motif ou plutôt quel courage eut celui qui le premier approcha de sa bouche une chair meurtrie. (…) qui fit servir sur sa table des corps morts et des cadavres, et dévora des membres qui, le moment d’auparavant, bêlaient, mugissaient, marchaient et voyaient ? Comment ses yeux purent-ils voir, égorger, écorcher, déchirer un faible animal ? Comment put-il supporter l’odeur ? Comment ne fut-il pas dégoûté et saisi d’horreur quand il vient à manier l’ordure de ces plaies, à nettoyer le sang noir qui les couvrait ? » (Plutarque, Sur l’usage des viandes, in Œuvres morales).

 

« Bientôt les cerfs, les lièvres et les chevreaux, dont on mangea la chair, invitèrent à faire servir sur les tables des moutons, et même, en quelques endroits, celle des chiens et des chevaux. Mais ceux qui, les premiers, ont mis en pièces un oiseau privé ou un pigeon domestique (…) non pour apaiser leur faim, comme les chats et les belettes, mais pour satisfaire leur goût, ceux-là ont fortifié dans l’homme ce que la nature a mis en lui de sanguinaire et de féroce ; ils l’ont rendu inaccessible à la pitié. » (Plutarque, Les animaux de terre ont-ils plus d’adresse que ceux de mer ?, in Œuvres morales)

 

(à suivre)

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